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Une histoire éditoriale : The Conjure Woman  de Charles W. Chesnutt

Une histoire éditoriale : The Conjure Woman de Charles W. Chesnutt

Cécile Cottenet
Preface by Hélène Christol

Métamorphoses du livre



À la fin du XIXe siècle aux États-Unis, la littérature d'écrivains noirs était encore placée sous le signe du soupçon, et ses auteurs demeuraient des exceptions. En publiant son premier recueil de nouvelles en 1899 dans l’une des plus grandes maisons d’édition de l’époque, Charles W. Chesnutt allait devenir un pionnier de la littérature noire du XXe siècle. Redécouvert dans les années 1960, méconnu en France, cet auteur figure aujourd’hui parmi les classiques de la littérature des États-Unis. Son accès à la publication dans une société profondément discriminatoire, au moment où l’édition américaine se constituait en véritable industrie et voyait se transformer la relation éditeur-auteur, nous pousse à interroger la complexité des relations entre éditeurs blancs et auteurs noirs.
Cette histoire particulière éclaire plus largement un pan du développement de l’histoire de l’édition aux États-Unis, entre 1880 et 1910.
Ancrée dans une double tradition française et anglo-saxonne, cette étude propose de retracer le trajet et la formation de cet écrivain africain-américain depuis son désir d’écriture, sa formation, l’apprentissage d’une profession, jusqu’à la matérialisation de son texte, et la diffusion de son premier livre. Au terme de cette trajectoire, c’est bien le passage par lequel The Conjure Woman devint livre qui se dévoile, révélant les mécanismes de la métamorphose du texte en objet de lecture.