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Le risque de la lettre

Le risque de la lettre

Lectures de la poésie moderniste américaine

Isabelle Alfandary

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Certaines œuvres du modernisme américain se définissent par leur « parti pris de la lettre ». La langue est affrontée en leur sein au risque de l'écriture. En effet, si la littérature moderne est écrite, si les œuvres postérieures à l’invention de l’imprimerie sont faites d’encre et de papier, toutes n’ont pourtant pas l’écriture pour objet. Conscientes de leur caractère matériel, de leur aliénation à la lettre, les œuvres de Gertrude Stein, E. E. Cummings et John Cage jouent et se jouent essentiellement de leur condition. L’usage non transitif qu’elles font de l’écriture est l’occasion d’une mise en scène édifiante sur la page. Elles démasquent chemin faisant le réel d’une -activité qui n’a rien d’évident  : ni purement formalistes, ni simplement expérimentales, elles interrogent -radicalement ce que lire et écrire veulent dire et mettent la -littérature au pied du mur et en demeure de répondre.