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Nicolas de Cues, penseur et artisan de l'unité

Nicolas de Cues, penseur et artisan de l'unité

Conjectures, concorde, coïncidence des opposés

David Larre

La Croisée des chemins



La passion de l’unité : tel semble avoir été l’un des principaux moteurs de l’activité diplomatique et intellectuelle du cardinal Nicolas de Cues (1401-1464). Grande figure de l’humanisme naissant, ce dernier n’a de cesse de promouvoir la paix religieuse et d’en penser les fondements théoriques dans une époque troublée : deux de ses grands traités, La Paix de la foi, Le Tableau ou la vision de Dieu, écrits en 1453, année de la chute de Constantinople, présentent ainsi un étonnant contrepoint à la gravité des événements. Héritier tardif de toute la théologie négative chrétienne, le penseur croit reconnaître en un Dieu ineffable le principe et l’instrument de la concorde à l’œuvre dans le monde, jusque dans les rapports entre les hommes de cultures et de croyances diverses. Les textes qui composent cet ouvrage sont autant de contributions méthodologiques diverses à la compréhension de ce qui justifie et éclaire un tel irénisme religieux et philosophique. Fondés sur l’analyse des rapports entre l’unité, principe et fin de l’être, du connaître et de l’agir – la concorde –, et les capacités conjecturales de la pensée humaine à saisir cette unité en Dieu, ils tentent d’éprouver la cohérence et l’intérêt des propositions philosophiques de Nicolas de Cues dans les différents champs qu’elles traversent : l’ecclésiologie, la littérature utopique, l’esthétique, la métaphysique, la connaissance symbolique, les mathématiques.